RegardLes suites de la tempête de décembre 1999 se lisent encore dans le paysage.
Un charme mort sur pied témoigne encore de la violence des tourbillons qui ont fait éclater son tronc.
Un jeune hêtre a survécu au vent qui lui a pourtant cassé de nombreuses branches porteuses de rameaux feuillus. De plus, son tronc s’est retrouvé exposé au soleil après la chute des arbres voisins. Or, les hêtres sont très sensibles aux coups de soleil sur l’écorce et peuvent en mourir. La pousse de nouvelles branches le long du tronc lui a cependant permis de reconstituer rapidement le volume de son feuillage tout en ombrant son écorce.
Flore
48° 54′ 38.2″ N 5° 24′ 47.2″ E
De jeunes arbres, des arbustes et des ronces forment aujourd’hui un tapis dense sur des parcelles qui furent entièrement dévastées. Mais ils n’ombrent pas encore le chemin et ses abords. En attendant, ces milieux ensoleillés sont colonisés par plusieurs espèces de graminées, famille nombreuse à laquelle se rattachent le blé ou les espèces entrant dans la composition des gazons. Deux espèces sont caractéristiques de ce milieu : – La Houlque laineuse pousse aux emplacements riches en matière végétale décomposée et suffisamment humides. – Le Pâturin des bois, qui recherche la chaleur, pousse aux emplacements bien ensoleillés.
décembre – mai
Les jeunes hêtres et les jeunes chênes conservent des feuilles mortes attachées aux rameaux. Habituellement, chez les arbres qui entrent en dormance hivernale, les feuilles se désagrègent au point où elles s’attachent au rameau, en même temps qu’elles se dessèchent et fanent, ce qui provoque leur chute en automne. Mais chez les jeunes hêtres et les jeunes chênes, cette zone de fragilité n’apparait généralement qu’au printemps. Cette particularité s’explique par le mécanisme qu’ils utilisent pour prévenir la concurrence d’autres jeunes plants Leurs feuilles vertes contiennent en effet des substances capables d’inhiber la germination de graines de nombreuses essences forestières. Celles-ci sont entrainées au sol par l’eau de pluie où elles peuvent agir. Les substances restent actives dans les feuilles mortes tant que celles-ci ne se décomposent pas. En restant accrochées aux rameaux elles retardent cette échéance jusqu’au moment où de nouvelles feuilles prennent le relais.
juillet – juillet
Collecter des brins de différentes espèces de graminées poussant en forêt ou dans les lisières. En faire un petit bouquet. Il sèchera sur un fil au moins quinze jours, tête en bas et enveloppé dans du papier journal. Il conservera ainsi longtemps sa verdeur et sa brillance.
Cueillir des tiges de graminées sèches, les emboiter les unes aux autres par leurs extrémités comme pour monter une canne à pêche. Alors que sa longueur peut dépasser deux mètres pour un diamètre de quelques millimètres, l’assemblage tenu à l’horizontale formera une arche sans se rompre. On ne sait pas faire une structure portante aussi solide, à poids égal, avec de l’acier ou avec des matériaux de synthèse ! La paroi des graminées est faite d’un mélange de fibres de deux matières, la cellulose et la lignine. C’est également le principal ingrédient de la structure porteuse de toutes les plantes herbacées et des arbres. L’eau mise à part, cette matière entre pour les neuf dixièmes du poids cumulé de tous les êtres vivants terrestres !