RegardOn appelle chandelle un tronc mort debout et dépourvu de branches. Celle-ci est ce qui reste d’un merisier. Il est encore reconnaissable à la forme élancée de son tronc en cylindre régulier, ainsi qu’à son écorce, luisante et brun-rouge, qui se détache en lanières horizontales. Le merisier est très exigeant en lumière et doit donc s’élever rapidement, d’où son tronc grêle jusqu’à un âge avancé. Il est ainsi particulièrement exposé aux tempêtes de vent, ce dont ce sujet a été la victime.
Flore
48° 56′ 00.0″ N 5° 25′ 53.5″ E
Les plaques d’écorce à moitié détachées et enroulées sur elles-mêmes constituent autant d’abris diurnes pour de nombreux invertébrés qui s’activent surtout pendant la nuit : insectes, araignées, mille-pattes… Elles servent également de refuges d’hivernage à des insectes qui sont capables de survivre à plusieurs mois de froid et de privation de nourriture : carabes, coccinelles, femelles de bourdons fécondées et certains papillons tels que le paon-de-jour ou le citron. En été, elles peuvent héberger des chauves-souris forestières pendant leur repos diurne : barbastelle, noctule, pipistrelle…
Au pied de la chandelle vous apercevez un sentierutilisé par les animaux sauvage, appelé « sente » ou « coulée ». Cette coulée est ici marquée par une simple dépression dans la litière de feuilles mortes. Cependant, elle est dépourvue de végétation herbacée, signe qu’elle est utilisée régulièrement. On peut y deviner les empreintes d’un chevreuil qui en est l’usager le plus fréquent. Cet animal est très fidèle à son territoire et s’y déplace en utilisant le plus souvent les mêmes coulées. En marchant, il y laisse des marques olfactives issues de la sécrétion de glandes localisées entre ses sabots de chaque patte avant. Elles permettent à l’animal de communiquer des informations aux congénères du voisinage, par exemple s’il est un mâle ou une femelle. Mais elles l’aident aussi à se déplacer de nuit en créant une piste olfactive, aussi facile à suivre pour lui qu’un chemin balisé par des bougies pour nous !Des renards utilisent occasionnellement cette coulée pour rallier une de leurs nombreuses zones de prédation saisonnière.