RegardAu sein de ce vaste espace ouvert, les plantes sauvages trouvent un refuge sur l’étroite bande de terre située entre les champs et le chemin. Mais leur survie y est très précaire. Elles sont en effet menacées en permanence d’être fauchées, labourées et écrasées ; ou encore, arrosées par les herbicides utilisés par l’agriculteur pour supprimer les végétaux qui concurrencent ses cultures. Les espèces qui parviennent à s’établir durablement en ce lieu ont donc un fort potentiel de reproduction. Elles ont une croissance rapide, une longue période de floraison et une importante production de graines, jusqu’à trente mille pour un seul plant. Celles-ci conservent longtemps leurs capacités germinatives. Ainsi, si le milieu subit par exemple un labour ou une inondation, ces espèces le coloniseront à nouveau très rapidement.
Flore, Nature
48° 55′ 45.7″ N 5° 25′ 15.3″ E
Collecter une poignée de terre. Elle contient probablement plusieurs dizaines de graines viables. La plupart sont cependant si petites qu’on peut difficilement les repérer à l’œil nu. Certaines peuvent mener une vie ralentie pendant une dizaine d’années, voire plus si elles sont profondément enfouies. Elles germeront dès qu’un bouleversement les ramènera en surface ou qu’elles seront suffisamment éclairées. Vous pouvez placer votre poignée de terre dans un pot, l’arroser et l’installer en un lieu lumineux et tempéré, 25°C étant idéal. En moins d’une semaine, les premières feuilles de mouron rouge, de coquelicot, de linaire ou de véronique devraient apparaître.
mars – octobre
Dans le tapis herbacé, vous pouvez repérer des jeunes pousses en croissance, sauf pendant les périodes de fortes gelées. Des fleurs y apparaissent dès la fin des grands froids, c’est-à-dire vers la mi-mars. Alors que vers la mi-septembre les prairies et les lisières forestières sont presque défleuries, ici le rouge, le jaune, le bleu et le blanc se déclinent encore en plusieurs variations jusqu’à fin octobre. Cette floraison qui s’étale tardivement donne une chance aux plantes de produire une génération supplémentaire de graines avant les premières gelées.
juin – septembre
Une dizaine de plantes de la localité sont facilement reconnaissables à leurs fleurs. Parmi celles-ci le mouron rouge est la plus représentative du milieu car elle préfère les sols presque dépourvus de végétaux, pousse rapidement et peut disséminer de nombreuses graines. Sur ses tiges rampantes, le mouron rouge présente de minuscules fleurs aux cinq pétales rouge orangé virant au rose violacé vers leur point d’attache. Il cohabite ici avec une espèce très proche présentant des fleurs bleues, appelée « mouron bleu ».
Les fleurs des deux espèces se ferment en milieu de journée, ce qui est à l’origine de leur dénomination anglaise, traduisible par « John se couche à midi ». Toute la plante contient des substances auxquelles les personnes à la peau sensible peuvent mal réagir à la suite d’un simple contact.
juin – octobre
Essayer de repérer les fleurs du mouron rouge et du mouron bleu, de la véronique, de la linaire, encore appelée « gueule-de-lion », du coquelicot et de la matricaire et du géranium herbe-à-Robert. Cette dernière plante serait ainsi nommée à la suite d’une confusion entre « ruber », terme ancien désignant la couleur rouge, et le prénom Robert. De fait, le géranium en question est parfois appelé « herbe rouge » à cause de la coloration de ses feuilles.