Il n’en restera qu’un, ou deux

RegardIci, le hêtre et l’érable sycomore tentent de se faire une place en usant de stratégies différentes.

Le jeune hêtre supporte l’ombrage d’arbres plus hauts que lui. Il peut donc croître lentement, à la fois en hauteur et en grosseur de tronc. Il est donc rapidement capable de porter une abondante feuillaison et de bien résister aux coups de vent.

L’érable est une essence très gourmande en eau, en sels minéraux et en lumière. Une fois germé, le jeune plant doit donc hisser au plus vite son feuillage en pleine lumière sous peine de s’étioler puis de mourir sur pied. L’allongement du tronc est donc privilégié chez cette espèce jusqu’à porter sa cime à une vingtaine de mètres du sol. Arrivé à ce stade, la masse de son feuillage sera moindre que celle d’un hêtre aussi haut que lui. Il restera très sensible aux coups de vent jusqu’à avoir suffisamment grossi du tronc.

Les plus hauts arbres visibles de ce poste mesurent tous actuellement une vingtaine de mètres. Mais leurs troncs présentent d’importantes différences de grosseur. Celui qui est très visiblement le plus gros appartient à un hêtre. Sa circonférence est de quatre-vingt-cinq centimètres. Celle du tronc de sycomore placé presque en face de lui de l’autre côté du chemin mesure soixante centimètres. Deux autres érables sycomores sont encore plus maigres que leur congénère, tout en rivalisant de hauteur avec leurs voisins. Leur tronc ne dépasse guère trente centimètres de tour de taille. Leur feuillage peu fourni suffit à peine à pourvoir à leurs besoins vitaux, les rendant très sensibles au manque d’eau et aux fortes chaleurs. Mais comme presque tous les arbres du secteur, ils ont privilégié la lutte pour la lumière afin d’espérer survivre.

À propos

    • Type de point

      Faune

    • Coordonnées GPS

      48° 55′ 31.8″ N 5° 25′ 23.8″ E

Faire

En descendant le chemin de quelques mètres, apparait un taillis très dense. Essayez d’évaluer le nombre de tiges de jeunes arbres et d’arbustes qui occupent un mètre carré de terrain. Avec le temps, cette densité va s’amenuiser, les arbres ayant besoin de faire grossir le volume de leur ramure feuillée en même temps qu’ils grandissent. D’un à deux décimètres entre deux jeunes plants, la distance vitale entre chaque arbre augmentera progressivement jusqu’à atteindre une dizaine de mètres, une fois les survivant devenus adultes. La très grande majorité des arbustes occupant cette portion de la forêt sont donc condamnés à disparaître à court ou à moyen terme, que l’homme y apporte ou pas son grain de sel.